CFC in the News 2013
L’express

Aux Etats-Unis, le nouveau pape devra faire face à une église divisée

Le nouveau souverain pontife sera-t-il capable d’unifier desCatholiques américains, aujourd’hui profondément divisés sur de nombreux sujets de société, tels que l’avortement, le mariage gay ou encore la contraception ? L’annonce de l’élection du pape François a suscité à la fois l’espoir et parfois le scepticisme des fidèles et leaders religieux catholiques américains, de plus en plus scindés entre traditionnalistes et libéraux.

Selon un sondage Gallup réalisé en 2012, 82% des Catholiques américains considèrent qu’utiliser un moyen de contraception est acceptable, tandis que 54% sont favorables au mariage gay (contre 47% des Américains, en moyenne), d’après une étude de la Quinnipiac University. Selon un autre sondage réalisé par le Pew Research Center en février dernier, de plus en plus de Catholiques (46%), souhaitent que le nouveau pape soit capable “d’avancer dans une nouvelle direction”, contre 51% qui considèrent qu’il doit “conserver une position traditionnelle”.

“Comme des millions d’Américains hispaniques, nous, aux Etats-Unis, éprouvons la même joie en cette journée historique”, a déclaré le président des Etats-Unis Barack Obama, qui a adressé ses “voeux chaleureux” au “premier pape des Amériques”. “En tant que champion de la cause des pauvres et des plus vulnérables d’entre nous, il continuera à porter le message d’amour et de compassion qui a été source d’inspiration pour le monde depuis plus de 2.000 ans”, a ajouté le président américain à la tête d’un pays qui compte 77 millions de catholiques, soit 25% de la population. Les Etats-Unis ont la quatrième plus grande population catholique du monde, derrière le Brésil, le Mexique et les Philippines.

Le pape “figure d’unité de tous les catholiques” selon la conférence américaine des évêques

“Le pape Francis est une figure de l’unité pour tous les catholiques, quel que soit l’endroit où ils résident” a affirmé la conférence américaine des évêques (USBCC), présidée par le cardinal Timothy Dolan, un temps considéré comme un potentiel “papabile”. “Les évêques des Etats-Unis et les fidèles de nos 195 diocèses offrent leurs prières à notre nouveau leader à qui nous promettons fidélité”.

“Je remercie dieu de nous avoir donné (…) un pape des Amériques et du nouveau monde, (…) un leader engagé en faveur du renouveau de l’Eglise ” s’est réjoui de son côté sur son compte Facebook, l’archevêque de Los Angeles, José Gomez, qui a récemment sanctionné le silence de son prédécesseur, le cardinalRoger Mahony, dans des affaires de pédophilie qui ont secoué l’eglise en Californie.

“Tolérance zéro pour les abus sexuels”
Plusieurs associations catholiques, plus sceptiques, attendent elles un profond changement au sein de l’Eglise, sur cette problématique. “Saint François” dont le souverain pontife est un admirateur “a été le plus grand réformateur de l’Eglise. Le pape François doit faire pareil”, a ainsi estimé l’association américaine des victimes de prêtres pédophiles, le Snap, pour qui “la première décision du nouveau pape doit être de déclarer une tolérance zéro pour les abus sexuels” commis par des prêtres.

Si son côté social et proche des pauvres séduit, certains notent aussi que ce Jésuite modéré s’est vigoureusement opposé en 2010 à la légalisation du mariage homosexuel en Argentine et s’est élevé contre le droit octroyé aux transsexuels de changer de sexe à l’état civil. Il est également hostile à l’avortement.

“Nous souhaitons que le nouveau pape reflète mieux les besoins de l’église et des catholiques. Nous attendons avec impatience d’entendre ce que seront ses priorités dans les prochains jours”, a indiqué dans un communiqué l’association progressiste Catholics For Choice, qui milite en faveur du choix à l’avortement. “On ne peut pas parler de changement, mais l’accent sera davantage porté sur les problèmes de pauvreté” a estimé l’associationCatholics United, qui a fait parler d’elle récemment en s’opposant à la participation au conclave du cardinal Mahony, accusé d’avoir fermé les yeux sur les scandales pédophiles en Californie. Sans succès.

This piece was originally published by L’Express.